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L’expédition ACE noue un premier contact fructueux avec l’Antarctique

L’Akademik Treshnikov est arrivé hier dans le port de Hobart, en Australie, signant ainsi la fin du leg 1. ©D.Rod/EPFL

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L’expédition ACE noue un premier contact fructueux avec l’Antarctique

Après trente jours en mer, l’Antarctic Circumnavigation Expedition (ACE) est arrivée hier en Australie. C’est la fin de la première étape de ce projet d’envergure. Lancé par le Swiss Polar Institute, il réunit plusieurs équipes de recherche internationales à bord d’un navire russe pour un tour complet du grand continent blanc. Son but: étudier l’impact du changement climatique sur la région. Bilan des activités accomplies et aperçu de la deuxième partie du voyage, qui démarre ce dimanche.

Hobart, Tasmanie. C’est là qu’après trente jours de voyage en mer, l’Akademik Treshnikov et ses quelque 120 passagers et membres d’équipage ont accosté ce jeudi 19 janvier. En s’amarrant dans cette ville située à la pointe sud de l’Australie, le navire russe a signé la fin de la première des trois étapes (legs) que compte l’Antarctic Circumnavigation Expedition (ACE). Le bateau repart dimanche pour la deuxième partie du voyage avec une équipe scientifique renouvelée.

Durant cette première portion du périple – appelé leg 1 -, les scientifiques ont procédé à de nombreuses mesures. Certaines ont été menées en mer, comme l’ont fait David Barnes, de l’Université Northumbria en Grande-Bretagne, et ses coéquipiers, qui prélèvent coraux, étoiles de mer, mollusques et autres organismes des fonds marins – formant ensemble ce que l’on appelle le benthos – afin d’étudier leur capacité à capturer et stocker le CO2.

 

Les prélévements en pleine mer permettent de recueillir des organismes surprenants.
©F. Brucker, Parafilms/EPFL.

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A la rencontre de la faune

D’autres ont prélevé des échantillons sur certaines des îles dites sub-antarctiques. Des équipes ont ainsi débarqué sur les îles Marion, Crozet et Kerguelen, notamment dans le cadre des projets de Steven Chown, de l’Université Monash en Australie, visant à identifier la présence d’espèces invasives de plantes et d’insectes, ou de Nerida Wilson, du Western Australian Museum, qui compare le matériel génétique de petits insectes et crustacés afin de déterminer quelles sont les évolutions dues aux changements climatiques. Ces îles sont peuplées de nombreux éléphants de mer, manchots, albatros et autres animaux, qui ont également fait l’objet d’observations, notamment par les membres du groupe de Peter Ryan, de l’Université du Cap en Afrique du Sud, dont le but est aussi de mesurer l’impact de la pollution aux micro-plastiques sur la faune.

 

Un éléphant de mer et des manchots sur l’île Marion. ©F. Brucker, Parafilms/EPFL.

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L’équipe de Steven Chown en route vers un site de prélévements sur une île de l’archipel de Crozet.
©F. Brucker, Parafilms/EPFL.

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Un passage a aussi été fait près de Heard Island. Malgré la vocation scientifique de l’expédition, les passagers de l’Akademik Treshnikov n’ont pas eu l’autorisation d’accoster ni de fouler du pied cette réserve naturelle intégrale appartenant à l’Australie. Ils ont pu l’admirer de loin et ont tout de même eu la chance de la voir lentement se défaire de l’épaisse couche de nuages qui la recouvre 90% du temps. L’apparition d’impressionnantes aurores australes, plusieurs soirs d’affilée, compte également parmi les moments forts du voyage

Des passagers réunis sur l’hélideck pour observer un spectacle rare

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Heard Island se défaire de sa couronne de nuages. ©F.Brucker, Parafilms/EPFL.

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“Le début de l’expédition a tenu toutes ses promesses!, relève Danièle Rod, coordinatrice du projet ACE. Certaines recherches, notamment sur les plastiques dans l’océan ou l’atmosphère, disposent déjà de mesures et données surprenantes, qu’ils pourront poursuivre et confirmer pendant les 2 prochains legs”.

Au menu: de la glace et des vagues

Après trois jours à quai et quelques festivités à Hobart, le bateau reprendra la mer dimanche. Ce sera alors le début du leg 2, qui emmènera les scientifiques jusqu’à Punta Arena, au Chili. Si la plupart des projets se poursuivra sans relâche, conduisant des campagnes de mesures et de prélèvements régulières tout au long de l’expédition, trois d’entre eux seront plus essentiellement menés durant cette étape.

Elizabeth Thomas, du British Antarctic Survey en Grande-Bretagne, profitera des visites de plusieurs îles sub-antarctiques – Macquarie, Balleny, Scott, Peter 1er et Diego Ramirez – pour prélever de la glace jusqu’à une profondeur de 20 mètres. Ces carottes serviront, grâce aux traces de gaz et autres substances qu’ils contiennent, à mieux comprendre le climat d’autrefois, identifier comment il s’est transformé et anticiper son évolution.

Durant cette deuxième partie du voyage est également prévu le seul et unique arrêt sur le continent lui-même, au glacier Mertz. C’est là que l’équipe de Guillaume Massé, de l’Université Laval, au Canada, passera à l’action. Son projet est d’étudier l’impact, sur la faune et l’écosystème, du détachement il y a quelques années d’un gigantesque iceberg de 80 km dans l’océan Austral. Pour ce faire, les chercheurs utiliseront notamment de petits robots téléguidés (ROV) qui se glisseront sous la glace pour en ramener des images et des échantillons.

Alessandro Toffoli, de l’Université de Melbourne en Australie, espère quant à lui une mer des plus agitées. Son projet consiste à mesurer les vagues – celles des régions qui seront traversées sont parmi les plus hautes de la planète! – et à étudier leurs interactions avec le vent et la glace, afin de mieux comprendre leur impact sur l’environnement des îles et des côtes du continent.

 

L’Akademik Treshnikov au large de l’île Marion. ©F.Brucker, Parafilms/EPFL.

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ACE en quelques mots

Premier projet du Swiss Polar Institute, fondé par l’EPFL, l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, l’ETHZ, l’Université de Berne et les Editions Paulsen, l’expédition ACE a démarré le 20 décembre 2016. Partie du Cap, en Afrique du Sud, elle fait, sur trois mois, le tour complet du continent antarctique. À bord du brise-glace dédié à la recherche scientifique, 55 chercheurs alternent pour mener 22 projets, dont le but est de mesurer l’impact du changement climatique sur les zones délicates et cruciales que sont les pôles.

Touchant des domaines tels que l’océanographie, la climatologie, la biologie ou la chimie, ces recherches vont de l’étude du rôle du phytoplancton dans la chaîne du carbone, à un recensement acoustique de la population de baleines, en passant par les échanges chimiques entre l’océan et l’atmosphère, les modifications du taux de sel des eaux marines, la présence de micro-plastiques dans les eaux de l’océan Austral, etc.

 

source: The Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)

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